Présentation du projet CorePom et suivants      mise à jour Aout 2017

Comme l'avait annoncé Laurence Feugey à l'AG de Surgères en avril 2010 : «  les variétés anciennes de pommiers sont conservées, en France, par de nombreux acteurs et constituent un réservoir de diversité qu'il est nécessaire de mieux explorer en vue d'une diversification de la création variétale. »

Précédemment, la Fondation pour la Recherche Scientifique sur la Biodiversité avait lancé un appel d'offres national pour des projets innovants. Parmi les 418 propositions soumises, 53 ont été retenues, dont le PROJET COREPOM , présenté par l' INRA, en septembre 2009.

« Ce projet consiste à une mise à jour de la base nationale de données des collections de ressources génétiques, …, à l'analyse moléculaire de la structuration des collections étudiées et à la définition d'une Core collection (collection centrale de référence.) optimisée en vue d'études génétiques qui consistent à relier un caractère phénotypique d'une variété avec la présence et l'expression d'un ou plusieurs gènes dans le génome de cette variété.»

Ce projet associe l'INRA d'Angers et 14 autres partenaires, dont les Croqueurs de pommes.

Notre   participation consistait à choisir les variétés à étudier et pour chacune d'elles, envoyer 3 feuilles à l'INRA qui réalisait une analyse génétique selon les mêmes principes que celle des enquêtes criminelles.

Cellule-marqueursSchéma des marqueurs génétiques (Source INRA)

Ainsi, en 2012, plus de 2000 échantillons avaient été « génotypés » à l'aide de 24 à 29 marqueurs répartis judicieusement sur les 17 chromosomes du génome des pommiers.

Le détail des résultats a été transmis à toutes les Associations locales.

Quelques exemples :

  • 63% des analyses correspondent à un échantillon unique. Ce qui signifie que ces fruits ne sont pas rencontrés sous un autre nom dans les 2246 variétés étudiées.
  • 395 groupes de doublons ont été identifiés. Ils présentent le même profil de marqueurs moléculaires avec des noms identiques ou différents. Le « record » est de 17 noms différents pour le même profil.
  • 508 analyses ont confirmé des fruits triploïdes (3 fois 17 chromosomes) , mais pour toutes les autres ce sont des diploïdes (2 fois 17 chromosomes) .

Bénédictin-ORIGINE-Henri-Fourey w 4627

Bénédictin

 Gros-Locard w origineHF-6018

Gros Locard

L’étude de tous ces résultats a permis à chaque participant d'en retirer les informations spécifiques qui l’intéressaient particulièrement :

  • L’INRA, a pu répertorier et localiser tous les gènes de pommiers. Cela permettra aux techniciens d’établir la liste des variétés que doit contenir une collection minimale de pommiers (Core-collection) regroupant la totalité des gènes de l’espèce. Les chercheurs pourront sélectionner plus facilement ceux qui leur permettront de créer de nouvelles variétés.
  • Les Croqueurs (et les autres associations participantes) se sont plus particulièrement intéressés à l’analyse génétique des variétés étudiées pour compléter leur description, pour vérifier si les synonymes sont vrais ou faux et pour s‘assurer qu’une même variété ne soit pas présente ailleurs, sous un autre nom.

Exemple :

Confirmation de la même identité de deux variétés (longtemps soupçonnée) :

Reinette Abry (Île de France) et Dame Jeanne(Bretagne)

Bien que les buts de l’INRA aient déjà été atteints par cette première opération, nous avons obtenu une deuxième campagne d’analyses d’un millier de variétés, pilotée par l'UPF (Union Pomologique de France), ce qui devrait nous permettre de poursuivre notre tri de doublons et synonymes. Il nous reste à comparer les aspects physiques, visuels, et autres de ces doublons pour affiner où sont les nuances qui nous faisaient penser à une différence de variété. Les résultats attendus au cours de 2015 devraient nous révéler encore quelques surprises !

En 2015 cette seconde série d'analyses nous conduit à 3692 accessions (envois) de variétés, qui sont regroupées pour une partie seulement, dans 627 groupes de variétés ayant les mêmes propriétés génétiques (doublons), et 1419 accessions n'ont pas trouvées de compagnons génétiques dans tous les envois.

Les années futures apporteront peut-être de nouvelles associations de variétés, jusqu'ici ignorées.

L'année 2016 a prolongé les recherches de séquençage par des feuilles de poiriers, un peu plus de 280 envois en direction d'Angers, les résultats

nous parviendront à l'automne de 2017. Des envois en 2017 ont eu lieu, courant Juin, en pommes et poires pour des résultats en 2018,

toujours sous la direction de l'UPF (Union Pomologique de France).

Soit 181 accessions de poires et 461 accessions de pommes, rien que pour les Croqueurs de Pommes. (différentes des précédentes pour la plupart)

Nous vous rappelons que l’adhésion à notre association permet de recevoir le bulletin national, lequel a fait et fera encore une large place aux résultats et commentaires sur les résultats de ces analyses.